Zoom sur : Thomas Dutronc
En concert le samedi 9 août 2008
Présentation
Bonjour. Vous savez quoi ? Personne n’est parfait. THOMAS DUTRONC
qui est musicien, eh oui, le sait bien, et à 34 ans, se
fend d’un premier album. Les biographies d’artistes, on connaît.
Plus c’est « Cosette Tirejus » ou « Je-suis-né-dans-la-Rue »,
plus ça fait joli. Avec Thomas, ça ne va pas être possible. Il ne
lit pas plus dans les étoiles qu’il ne fume de gros cigares, mais
son truc tabou, son message personnel vous sautent au visage dès
le premier abord. Une main fine et ferme, deux grands yeux
bleus espiègles, pas de quoi se vanter ! Ni se plaindre, d’ailleurs…
Donc, de lui, on sait déjà ça. Et, plus vaguement, qu’il donne
dans la musique ou sur les bords. Erreur ! Pas vaguement, encore
moins sur les bords : carrément par les chemins de traverse. La
zique, Thomas s’est faufilé entre ses gouttes tant bien que mal
jusqu’à 17 ans, mais à 18, bac en poche et fac d’art en cours,
elle lui a brusquement fondu dessus en formidables bourrasques.
Pas de celles qui viennent par vent d’ouest en vagues pop ou
rock, non, lui, c’est de plus loin vers l’est et dans le temps que
ça lui vient : des roulottes Rom et des campements sauvages
tout fumant de jazz manouche ! Une vraie conversion, doublée
d’une longue, humble et patiente initiation…
Bref, en quelques années de totale immersion, Thomas ne vit plus
qu’en maltraitant dans l’allégresse ses malheureux dix doigts
(moins un, qui reste obstinément en l’air, sans doute par esprit
de contradiction) sur les cascades de notes brûlantes jadis déversées
sur une planète blême d’ébahissement par un Django
Reinhardt aussi désinvolte qu’intouchable. Vous parlez d’une ascèse
dans un monde formaté à la minute de vide vendue au kilo
de pub ! Mais Thomas n’en a cure. Tout à la fois la proie et l’aiguillon
de sa passion, il va son chemin, gagne ses galons et le
respect de ses rudes pairs (tel Bireli Lagrene, qui est à Django
ce que Stevie Ray Vaughan est à Jimi Hendrix, excusez du peu !)
au fil d’un itinéraire à cloche-pied borné par les bistros d’apaches
et force détours partout où les combats de coqs se règlent
Et quand Thomas ne joue pas à perdre haleine avec ses amis manouches, il bricole des chansons avec ses copains d’enfance,
parce ça le travaille aussi, évidemment. Et petit à petit, les expériences acquises et les rencontres de hasard aidant, tout
ça le mène vers un spectacle fait de pans de rêves éparpillés, de sketches foutraques, de bouts de ficelles incandescentes
et, surtout, surtout, de fraternelle créativité : « THOMAS DUTRONC et les ESPRITS MANOUCHES »…
Au départ, le disque n’existait même pas à l’état de projet secret : c’était juste qu’à un moment, il faut bien faire entendre
des bouts de ce qu’on mitonne aux gens que ça concerne… Et comme de bout en bout, le temps a passé, et que 75 représentations
de plus en plus torrides en deux ans l’ont comblé, ce qui n’était que grappes de samples et d’extraits est devenu le
disque que voila, et qui ne ressemble à rien de connu ou d’identifiable de ce côté ci de la musique populaire : un camaïeu incroyablement
dense d’instrumentaux bouillants et de chansons libre-songeuses , comme tombé du ciel avec une grâce d’acrobate,
absolument dévolu à l’ardente fantaisie, à la folie douce d’un artiste au faux air de jeune homme sage mais aux
charmes méga frappeurs : THOMAS DUTRONC…
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