
La sublime musique de Fredo Viola est née d’un mariage inspiré entre la technologie du 21e siècle et le plus ancien des instruments, la voix humaine. Ses chansons dégagent de l’innocence, du romantisme et une dimension presque mystique qui extrait la magie du quotidien. Elles décrivent des paysages de rêveries musicales d’une beauté étrange.
La plupart des chansons de Fredo naissent d’improvisations, tissant de multiples lignes vocales en une brillante tapisserie de mélodies, d’harmonies et de contrepoints. Des instruments électroniques ou acoustiques s’ajoutent, mais la voix reste le point central. Parfois, il utilise des sons à la place des mots, toujours avec un impact émotionnel très fort.
Les amateurs de ‘The Turn’ connaîtront déjà ‘The Sad Song’, un assemblage méticuleux de mélodies suaves et d’électro aérienne, d’abord sorti sur un premier EP en Février 2008 et acclamé par la critique. Le Guardian a salué une « intensité quasi religieuse, qui ne ressemble à rien d’autre ». Alors que DJ Magazine l’a qualifié de « curieux mélange entre Philippe Glass, Moondog et Radiohead ». Allmusic.com le décrit comme « délicat, éthéré, apaisant et d’un autre monde. »
‘The Sad Song’ a fait sensation sur YouTube, avec 175 000 clicks en une seule journée, et Fredo a reçu des emails dithyrambiques de l’auteur Neil Gaiman et du critique de film Roger Erbert. Ce titre a aussi permis à Fredo de recevoir l’invitation de Massive Attack qui l’ont fait venir à Bristol pour enregistrer des voix sur leur prochain album.
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Le titre ‘The Turn’ est aussi l’un des tubes de l’album : doux et fragile de prime abord, il se transforme en une symphonie art-rock épique. La montée en fanfare et le rythme martial et strident laissent place à une mélancolie spectrale sur des samples de mouettes.
Plusieurs morceaux de l’album ont des voix abstraites en guise de paroles, une riche tradition que Fredo partage avec Sigur Ros, Cocteau Twins, REM à leurs débuts, et d’autres groupes indés innovants. Des paroles trop présentes peuvent être limitantes, explique-t-il, alors que la musique est « ambiguë et excitante, terrifiante, déchirante, joyeuse ». Les mots sont bien moins importants que les émotions profondes qui se cachent dessous.
« Tous mes morceaux sont en charabia au début », admet Fredo. « Ce qui est marrant c’est qu’une fois que j’ai fait le son, il me reste en mémoire et je peux le répéter encore et encore. Donc je suppose qu’il provient d’une partie plus profonde de moi-même. Je trouve gênant d’avoir à penser à des mots en écoutant de la musique. Cela tire l’auditeur hors du torrent des émotions. Je préfère me concentrer sur l’émotion plus forte et abstraite que l’on tire de la musique.»
Le morceau le plus expérimental de ‘The Turn’ concurrence les virées les plus aventureuses de Radiohead ou Sigur Ros. Une spirale crémeuse de voix spectrales à la dérive dans un orage électrique de bruitages de science-fiction, ‘K Thru 6’ pourrait presque être un morceau perdu de ‘In Rainbows’. Sur ‘Death of a Son’, le mélange de chants de chorale avec de sèches percussions électroniques donne une collision ambitieuse d’ancien et de moderne.
Le langage du cinéma a énormément influencé l’évolution musicale de Fredo. Alors qu’il étudie la Réalisation à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York, il devient obsédé par la dimension rêveuse des styles de Fellini et de Bergman : « deux réalisateurs extrêmement musicaux ».
« Alors que mes compositions devenaient plus complexes, j’ai commencé à incorporer mes idées filmiques à ma musique », se souvient Fredo. « Je commençais par penser à des bruitages et aux images que cela provoquerait dans la tête des auditeurs. Je n’ai jamais appris à composer, donc quand j’essayais de structurer les morceaux les plus complexes, je visualisais la structure comme si c’était un film, ou un rêve. »
Fredo a développé simultanément son style musical et visuel pour arriver à ses remarquables performances de ‘Cluster Video’. Des collages élégants de fractales qui regroupent des enregistrements de voix et de films en une seule expérience audiovisuelle.

Tendez l’oreille et partez dans un songe.
Retrouvez FREDO VIOLA le soir du dimanche 22 août ou bien sur son site.